Changeons de paradigme
 

Ce week-end après avoir manifesté, écouté, et regardé, j’ai eu envie d’écrire.

Samedi j’ai écouté « On n’arrête pas l’éco » sur France Inter. Lors d’un reportage, Sébastien Badault, Directeur général d’Alibaba France (site de commerce en ligne chinois) est interrogé sur le « made in France » : « Le marché chinois c’est 567 millions de clients potentiels, et il n’y a que la moitié de la population qui est en ligne donc il y a un potentiel encore de croissance qui est extrêmement fort. […] Nous, aujourd’hui ce qu’on dit aux marques c’est de capitaliser, le fait de mettre en avant c’est que c’est “made in France” et de raconter une histoire parce qu’aujourd’hui, le consommateur chinois avant d’acheter un produit il achète une histoire. »

Hier soir, j’ai regardé le spot de Nike pour les 30 ans de « Just Do it ». Il est superbe. Émotion garantie, mouvements du cœur, élan tout le corps.

Mais comment ne pas avoir la raison qui freine des deux pieds lorsque l’on a en tête les conditions de travail des ouvriers dans les usines sous-traitantes en Asie et au Mexique ? Lorsque l’on se souvient de l’image de l’enfant photographié en 1997 au Pakistan, cousant un ballon de football pour la marque ? Lorsque l’on pense qu’à la suite des « Paradise Papers » en 2017, le journal Le Monde a écrit dans ses colonnes que l’équipementier aurait un taux d’imposition à 2 % en Europe grâce à l’optimisation fiscale.

Ne laissons pas les mastodontes du commerce en ligne, les défenseurs de la surconsommation, les géants de l’agroalimentaire, s’emparer des belles histoires !

La mode est au storytelling. Tant mieux, mais ne tombons pas dans le miroir aux alouettes que nous tendent les grandes agences de communication.

Trouvons le chemin des entreprises qui ont de belles histoires parce qu’elles portent de belles valeurs. Attachons-nous à communiquer sur ceux qui font bien, justifions les prix justes, la qualité. Pour la planète, pour l’écosystème, pour le bonheur contre la frustration de la société de consommation.