Les femmes d’Action’elles : Muriel Berradia, fondatrice de Nuhanciam

Parce que les plus belles histoires d’entreprises naissent du sentiment de frustration…

 

Portrait Murielle Berradia

Murielle Berradia

 

Les cosmétiques, le parfum, elle en rêvait depuis toute petite. Muriel Berradia s’était toujours dit qu’un jour, elle créerait sa marque. D’autant que d’origine indienne, à la peau mate, elle ne trouvait pas de produits adaptés à sa peau sur le marché français. Il lui fallait lorgner du côté des États-Unis, il fallait être peu regardant sur les composants.

Après s’être quelque temps égarée dans le secteur bancaire, elle décroche un poste d’assistante aux achats chez Nina Ricci. Elle y reste 12 ans.

Et l’avantage d’une grande structure, c’est que l’on est encouragé à se former sans cesse. Au fil de ces 12 années, elle acquiert une réelle expertise dans le domaine des achats.

Puis en 1998, l’entreprise présente un plan de licenciement. Comme elle est parmi les plus jeunes, elle fait partie du lot départ. Mais c’est finalement, sans doute, une bonne chose. Elle enchaine les postes, toujours aux achats, dans des structures très variées, avec des tailles et des philosophies qui l’ont aidée à renforcer le projet qui, peu à peu, et sans qu’elle s’en rende tout à fait compte, murit en elle.

L’évidence lui est apparue lorsqu’elle rentre chez Carven, une petite maison, une petite boîte, à taille humaine… Elle réalise là que c’est faisable, qu’elle en est capable. Que son rêve est à sa portée.

Mais pour monter une entreprise dans un secteur si concurrentiel, il faut de l’aide. Alors Muriel rencontre Force Femmes, puis l’association Action’elles. Elle se forme pendant un an au numérique, au juridique et aux questions administratives.

Il lui reste à bien s’entourer. En 2009, elle parle de son projet à Jocelyn Bariteau qui est chimiste, formulateur. Ils ont travaillé ensemble chez Caudalie. Ils se rencontrent sur les valeurs : le made in France, l’investissement prioritairement dans les formules, l’exigence de sécurité, et des ingrédients les plus naturels possible…

Alors naturellement, il la suit.

Ensemble ils choisissent l’exigence et la distribution en pharmacies. Ils font des levées de fonds, engagent l’argent qu’ils ont de côté, mobilisent 5 actionnaires qui ont tous travaillé dans le secteur de la cosmétique, qui s’impliquent dans la stratégie de la marque.

Elle dérange régulièrement Cécile Barry, la présidente d’Action’elles qui l’écoute, la conseille sur les choix stratégiques, la pousse à avoir toujours plus d’ambition.

Aujourd’hui, la marque est distribuée dans 16 pays (Angleterre, Maroc, Antilles, Sénégal, Côte d’Ivoire, Pérou, Koweït…), a 6 employés, continue d’embaucher. Son chiffre d’affaires et sa notoriété ne cessent de croître.

Mais la plus grande fierté de Muriel Berradia c’est le retour des clientes qui la remercient d’avoir pensé à elles.

Elle remarque que depuis peu, les marques généralistes s’intéressent à ce marché : « c’est une bonne chose pour ce secteur de niche. Il y a plein de choses à inventer. »

Alors évidemment, ça demande beaucoup d’énergie, il faut être sans cesse sur le pont, à l’affût des nouveautés, à l’écoute de ses clientes, sans cesse en mouvement. Garder en tête que 200 marques de cosmétiques se créent chaque année. Seule une vingtaine reste.

Mais aujourd’hui, après 8 ans elle sait qu’elle a créé plus qu’une marque, elle a créé une histoire, une évidence entre sa passion, sa vie professionnelle et sa vie personnelle.