Rodin ou l’intérêt de faire de vraies chartes éditoriales (et pas seulement des guides de règles lexicales et typographiques)
Le Balzac de RodinTowards The Light at Midnight – Balzac (sculpture de Rodin). Edward STEICHEN (1879 – 1963) ©ADAGP
Musée Rodin, Paris

 

 

 

Bon, évidemment, je ne suis pas Rodin.

Et la charte éditoriale d’une entreprise a peu à voir avec la statue de Balzac vous me direz.

Mais ma façon d’envisager ces portraits d’entreprises n’est pas si éloignée de ces lignes qui décrivent l’exigence du sculpteur lorsqu’en 1891, la société des gens de lettres lui commande une sculpture en hommage à son fondateur, Honoré de Balzac.

« Rodin se lance à la recherche de tout ce qui peut l’évoquer : “Il y a, à la bibliothèque de Paris, sept ou huit lithographies de Balzac, elles sont petites. J’ai fait photographier un très beau pastel de Court qui est au musée de Tours, où il y a aussi un dessin de Boulanger” ; (…) Son entourage est mis à contribution : le photographe Nadar lui propose un daguerréotype, la femme de lettres Aurel lui envoie la carte postale d’un rocher aux formes balzaciennes, et Gustave Geoffroy repère un libraire, boulevard Saint-Germain, qui en est le sosie. On retrouve dans la bibliothèque de Rodin maints ouvrages sur Balzac, avec des signets raturés de sa main. (…) Il retourne en Touraine (…) pour rechercher un modèle dans le pays d’origine de l’écrivain (…). Pour reconstituer l’allure générale, il retrouve M. Pion, le tailleur de Balzac, lui commande sa redingote et plonge le vêtement dans du plâtre avant de le faire sécher debout. »

Extraits de « Rodin, les mains du génie » d’Hélène Pinet (éd. Gallimard)

Pour concevoir la charte éditoriale d’une entreprise, c’est à peu près la même chose ! Il faut interviewer ceux qui l’ont créée, ceux qui la portent et ceux qui la font vivre chaque jour. Se plonger dans son histoire, ses archives. Dans les rêves des fondateurs, dans leurs croyances, leurs inspirations, leurs énergies et ce qu’il en reste. S’imprégner de sa culture, de son environnement, de ses stratégies. Se renseigner sur ses difficultés, ses échecs et ses combats.

Une charte éditoriale traduit ce qu’est une entreprise de façon organique. Elle met en lumière le bien commun que les salariés et les partenaires contribuent à développer. Au-delà de son utilité évidente en termes d’harmonisation de la communication d’une entreprise, c’est un formidable outil d’engagement pour chacun, et un indéniable levier de croissance.